13. La quantité d’argent

1. Une quantité d’argent nécessaire et suffisante dans la société humaine

Même sans traumatisme important, un accidenté de la route qui perd beaucoup de sang risque gravement sa vie : il n’a pas assez de sang dans son organisme pour que son cœur puisse le faire circuler dans tous les organes et maintienne le fonctionnement de base. Il est donc fondamental que la quantité de sang nécessaire soit présente, constamment, dans l’organisme humain.

De même, l’argent-sang doit être suffisant dans la société humaine, globalement ou localement, pour assurer tous les échanges vitaux. Or, le mensonge fondamental de la trésorerie moderne est de vouloir  faire croire « qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses », que si les choses vont mal, c’est en grande partie à cause de cela, et que chacun est obligé de travailler davantage en perdant toutes avancées sociales pour accéder à cet argent qui viendrait d’un endroit spécial d’où il ne jaillirait que suivant des lois mystérieuses….

« Mais où commence l’argent, l’argent qui nous manque pour avoir les biens qui ne manquent pas ? La première idée qu’on entretient, sans trop s’en rendre compte, c’est qu’il y a une quantité stable d’argent, et qu’on ne peut rien changer à cela : comme si c’était le soleil ou la pluie, ou la température. Idée fausse : s’il y a de l’argent, c’est qu’il est fait quelque part. S’il n’y en a pas plus, c’est que ceux qui le font n’en font pas plus. » (Louis Even)

2. Mais… qu’est-ce que l’argent en vérité ?

qu-est-ce-que-l-argentLe problème de l’argent réside tout simplement dans le fait que peu de gens ne sait réellement ce que c’est. La majorité des personnes sait qu’elle a peu d’argent ou qu’elle en voudrait plus, qu’elle a en général du mal à le gagner, que l’état lui en prend toujours plus, etc., mais elle ne comprend pas sa nature véritable, ni d’où il vient… En effet, la plupart des gens a une idée très vague de ce que c’est, elle pense qu’il est fabriqué par la banque nationale de leur pays (qu’elle croit publique alors qu’elle est une banque privée), que l’argent est en quantité limitée et qu’il est impossible d’en créer davantage.

Croire que l’argent est une chose en stock, en quantité fixée une fois pour toute ou qu’il ne peut être issu que des impôts est un non-sens :

ball02c.gifL’argent n’est qu’une convention qui montre que deux personnes ont pratiqué un échange.

Point. Ce n’est rien d’autre. On peut même s’en passer parfaitement ! Il suffit de « troquer ».

ball02c.gifLa convention d’une transaction, ce signe d’échange, est rendu visible par le transfert d’une pièce, d’un billet, d’un chèque, d’une transaction de carte bleue, d’un contrat de crédit, etc.

Démonstration, évidemment simplifiée, mais qu’il est possible d’étendre à n’importe quel échange, à n’importe quelle échelle :

Deux kinésithérapeutes, Monsieur Inglesias et Monsieur Wilson, ont mal au dos. La situation :
« Monsieur Inglésias masse Monsieur Wilson pendant une heure, puis Monsieur Wilson masse Monsieur Inglésias pendant une heure. »
est strictement égale à :
« Monsieur Inglésias masse Monsieur Wilson pendant une heure pour 20 €, puis Monsieur Wilson masse Monsieur Inglésias pendant une heure pour 20 €.»

Dans le premier cas, il n’y a pas eu d’argent à la clef, dans le second oui. Mais dans les deux cas, les massages ont été équivalents et le bilan comptable égal à zéro. L’échange est strictement réciproque. Il n’y a eu aucune perte d’argent et pourtant il y a eu création de richesses pour l’ensemble des deux protagonistes : le soulagement, le mieux-être, une production accrue d’endomorphine et l’amélioration du lien social, pour le plus grand bénéfice de cette mini-communauté.

trocL’argent a été inventé pour faciliter des trocs plus compliqués, faisant intervenir plus de deux personnes, mais, fondamentalement, il n’y a aucune différence. C’est bien pour cela que l’on peut parfaitement fonctionner avec des systèmes d’échanges type S.E.L. avec un contrôle pointu de l’émission monétaire.

De même, en cas de paralysie générale des distributeurs de monnaie, les citoyens pourront utiliser des reconnaissances de dettes, qu’ils pourront échanger, tout comme ils échangent aujourd’hui chèques et billets.

Que l’on prenne deux personnes, dix, cent, ou dix millions, c’est exactement pareil : l’argent circule d’une personne à l’autre créant des dettes (ce qu’elle doit) et des créances (ce qu’on lui doit), et en les annulant. Il permet au passage la fabrication d’immenses richesses, matérielles (objets) et immatérielles (services). Dans un gigantesque circuit, ces signes d’échange passent d’une main à l’autre, enrichissant normalement au passage celui qui travaille et la société – enfin, c’est ainsi que cela devrait être – . Ce circuit ne s’arrêtera que lorsque l’on décidera de supprimer l’argent ou lorsque l’humanité s’éteindra.

L’argent ne tire nullement sa valeur de l’or, mais des produits que l’argent achète. L’argent peut être une simple comptabilité, les crédits passant d’un compte à l’autre selon les achats et les ventes. Le total de l’argent doit être en rapport avec le total de la production. A toute augmentation de production, doit correspondre une augmentation équivalente d’argent… Si nous avons mille personnes en capacité de travailler, nous devrions avoir l’exacte monnaie correspondant à cette capacité globale de travail. Pareillement pour 100.000 personnes ou cinq milliards… (Louis Even – L’île des naufragés)

L’argument « il n’y a pas assez d’argent dans les caisses » ne peut donc pas être recevable… puisque, jusqu’à preuve du contraire, il y a des milliards de personnes sur Terre qui ont une production ou un service à offrir ou à demander !

population

3. L’argent en réalité c’est juste du temps de travail

La puissance de travail, c’est ça l’argent, en vérité, et non pas des petits bouts de papier ou des zéros sur un écran, ni des blocs de métal, froids, intouchables, enfermés dans des coffres…

L’argent c’est le travail, c’est le temps du travail : c’est une heure d’occupation, de sueur et d’activité pour accomplir une tâche, qui va, à un autre moment, être échangé contre équivalent par une ou d’autres personnes.

Et, des personnes pouvant travailler, ce n’est pas ce qui manque sur notre planète. Au regard de la démographie humaine, les capacités d’échanges sont gigantesques et ce n’est pas demain que ce vivier d’échanges va manquer !

Il n’y a donc aucune raison pour les états de ne pas fabriquer l’argent correspondant à cette fabuleuse capacité d’échange.

ball02c.gifC’est aux états de créer la monnaie, et toute la monnaie, dont leurs économies ont besoin.

4. L’erreur est de regarder la quantité d’argent plutôt que la circulation de l’argent

L’erreur aussi est de croire que l’économie est une chose immobile et qu’il suffit à l’instant T de l’observer pour savoir comment un pays se porte. On regarde un chiffre, par exemple le PIB et on dit « tout va bien » ou « tout va mal ». Mais regarder des chiffres, ce n’est pas regarder la Vie, l’existence des gens, la qualité de ce qu’ils vivent.

Il ne sert à rien de calculer combien de cm3 de sang un patient possède, si en même temps on ne contrôle pas sa tension : c’est celle-ci qui permet au sang d’être efficace, tout comme la vitesse de circulation monétaire traduit la vitalité du corps planétaire. Notre homme peut avoir dix-huit ou trente litres de sang de plus dans les veines, si celui-ci n’oxygène pas correctement les tissus, la mort survient rapidement.

argentDe même, l’économie est une dynamique, l’observation doit être dynamique aussi et ne pas se contenter de contempler des sommes, comme la richesse globale qui ne traduit strictement rien… puisqu’elle pourrait être identique entre un pays où les gens auraient tous exactement le même salaire et un pays qui abriterait des fortunes colossales et d’innombrables sans-abri.

L’argent est un flux comme celui du sang, et donc de l’oxygène, qui s’écoule dans nos veines comme l’eau dans une canalisation. C’est ce flux qu’il faut observer : son trajet, sa vitesse, les obstacles sur lesquels il bute, les endroits qu’il dessert, ou ceux auquel il manque, etc. C’est à partir de là qu’il faut déterminer des corrections.

Pour que les cellules et organes reçoivent le flux vital, il faut que celui-ci circule correctement, rapidement, qu’il soit en quantité strictement adéquate, globalement et qu’il soit en qualité suffisante dans chaque recoin de l’organisme.

5. Une quantité suffisante

Si le corps humain recèle une quantité de sang globalement insuffisante, il va lui manquer des éléments indispensables, il s’étiolera et finira par mourir. Soit lentement, comme en cas d’anémie chronique et pernicieuse, soit brutalement, si cette quantité de sang insuffisante est due à une hémorragie dramatique.

Dans notre corps social, c’est pareil… Si l’Etat ne crée pas, par l’intermédiaire d’une banque véritablement nationale, l’argent dont son économie a besoin, ses différentes cellules-citoyennes ne peuvent effectuer les échanges vitaux, c’est l’anémie monétaire … Le chômage est créé et le corps social s’enfonce dans une pénurie globale d’argent, un certain nombre d’humains ne peuvent trouver l’argent nécessaire à leurs besoins, la récession puis la misère s’installent, avec tous les risques sociaux que cela peut générer, ce qui est tout à fait contraire à la logique de vie d’un organaisme.

ball02c.gifIl doit y avoir assez d’argent pour combler les besoins fondamentaux de tous.

Si un organe-pays est victime d’une fuite brutale de capitaux, suite à un crash boursier de grande ampleur, par exemple, le chaos social s’installe avec des répercussions dramatiques.

ball02c.gifAucun système ne doit être mis en place ou ne doit perdurer s’il permet une fuite ou une insuffisance de capitaux quelque part dans l’organisme planétaire humain.

6. Une quantité non excédentaire

Si le corps humain a trop de sang, le liquide en excès contenu dans les vaisseaux traverse les parois, notamment pulmonaires. L’œdème aigu du poumon entraîne la mort du patient par noyade.

S’il y a trop d’argent dans un pays, les échanges ne peuvent plus se faire, car l’argent perd sa valeur. Il y a inflation monétaire, et là où il fallait 100 euros, il en faudrait 10 000 pour faire un achat identique, etc. Les objets ne peuvent plus se vendre, les échanges ralentissent.

ball02c.gifIl ne doit pas y avoir trop d’argent circulant.

ball02c.gifLa quantité d’argent circulant doit être contrôlée et établie en quantité précise, en stricte adéquation avec les possibilités d’échanges.

7. Pas de stagnation, et pas de pauvreté

Si le sang stagne dans une partie du corps, les jambes par exemple, il y a risque de stase veineuse, puis de phlébites et thromboses… Que le caillot monte au cerveau, et notre homme décède des suites d’un infarctus cérébral.

Dans notre société, si l’argent stagne chez une partie de la population, nous voyons un phénomène semblable : des organes sociaux (hôpitaux ou associations par exemple) ne reçoivent plus d’argent, tandis que d’autres s’achètent des robinets en or… Les usines ferment, le chômage touche des régions entières, tandis qu’ailleurs certains s’enrichissent incroyablement… à long terme, trop de misère entraînera un infarctus social des plus regrettables : manifestations, révoltes, émeutes, changement de gouvernement…

Donc, toute politique économique qui encourage le fait qu’une partie de la population ne reçoive pas l’argent nécessaire à ses besoins est une politique biocide.

ball02c.gifL’argent ne doit pas stagner chez une partie de la population, et l’argent ne doit pas manquer dans une autre partie du corps social.

ball02c.gifL’argent doit circuler facilement d’un individu à l’autre, d’un organe social à l’autre.

S’il est nécessaire que chacun détienne une certaine quantité d’argent-sang nécessaire à son bien-être, en revanche, en garder une grosse part met l’argent hors circuit. Il devient inutilisable pour la collectivité. Par conséquent :

ball02c.gifLa grande richesse d’un individu ou d’un groupe social ne peut perdurer s’il n’y a pas circulation de cette richesse en direction du reste du corps social.

ball02c.gifAu delà d’une certaine somme, qui doit être déterminée démocratiquement, les grandes fortunes doivent être mobilisées afin de favoriser la circulation monétaire. 

8. La pauvreté n’est ni inévitable, ni naturelle

La pauvreté existe, pour différentes raisons, mais la plus importante, sans doute, est parce que nous la croyons inévitable et « naturelle ». Elle fait partie de la société humaine depuis si longtemps qu’on ne remet même plus en cause son existence. La pauvreté répond pourtant juste à une logique, à un type de fonctionnement.

De tout temps, il a existé sur terre des communautés, qui, travaillant en commun, dans un environnement leur apportant tout le nécessaire, n’avaient aucune notion de « pauvreté » et de « richesse ». Ce concept n’avait pour eux aucun sens : ils n’en possédaient pas même le mot ! La pauvreté ne s’appréhende que s’il y a des riches pour la créer. C’est donc uniquement une question de culture et de fonctionnement social et économique, et non de « nature »(1).

ball02c.gifLa pauvreté est supprimée par une politique économique adéquate.

D’un point de vue bioéconomique, il n’y a pas de plus grande absurdité que la présence de la pauvreté. Si l’économie moderne s’appuie sur la pauvreté des uns pour assurer la richesse des autres, le solidarisme s’appuie de manière conceptuelle sur les besoins de chacun pour supprimer la pauvreté.

Prenons une comparaison : pour récupérer au profit de la main gauche une plus grande quantité de sang Monsieur Verstraete met-il des élastiques autour de sa main droite… jusqu’au bleuissement puis à la gangrène ? Absurde, n’est-ce pas ? C’est pourtant exactement ce qui se passe sur la planète, chaque jour, dans une guerre économique féroce et sans merci. Il est donc fondamental et indispensable que chaque cellule de l’organisme dispose du minimum nécessaire.

ball02c.gifUn Revenu Citoyen, Vital, est distribué à chaque membre de la société, sans conditions.

ball02c.gifCe revenu permet à chaque individu le comblement de ses besoins vitaux fondamentaux. (2)

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(1) (…)  les 225 plus grosses fortunes du monde représentent l’équivalent du revenu annuel des 47 % d’individus les plus pauvres de la planète, soit 2,5 milliards de personnes. Dans le même rapport, les auteurs indiquent qu’il suffirait de prélever 4 % de cette richesse, soit 40 milliards de dollars, pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base (nourriture, eau potable, éducation, santé).
Cette somme de 40 milliards de dollars permettrait de sortir le monde de la misère. Elle correspond à 0,17 % de la richesse des pays de l’OCDE. A chaque fois que nous dépensons 100 Euros, il suffirait de consacrer 17 centimes pour que chaque habitant de la planète ne risque plus de mourir de faim, pour qu’il puisse avoir accès à l’eau potable, qu’il puisse apprendre à lire et à écrire, qu’il puisse enfin accéder aux soins de base indispensables. Personne ne pourra nous faire croire que cet objectif est inaccessible.
A titre de comparaison, voici quelques montants (en milliards de dollars) : Les transactions financières 1800 – Dépenses d’armement dans le Monde 840 – Dépenses de publicité dans les pays riches 400 – La consommation de stupéfiants 400  (Patric Kruissel)(2008)
(2) Voir Le Revenu Citoyen Vital et le Revenu d’Activité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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