28. Le chômage

Le chômage : un vrai-faux problème créé de toutes pièces

Le chômage, par excellence, est le type même de faux problème créé sciemment par notre société. Faux problème, bien entendu pas pour ceux qui le subissent, mais par son prétendu côté inéluctable. Il n’y a rien de plus illusoire que cette fatalité :

le chômage n’est pas obligé d’exister sur Terre.

Avons-nous le moindre chômage dans des civilisations pastorales ou anciennes ? Non, bien sûr, car le chômage est une invention récente, liée à l’ère moderne, décuplée par la civilisation industrielle, savamment entretenue.

chomage-jeunes

C’est une invention bien pratique en vérité, car le chômage est véritablement un outil « habile » de la panoplie capitaliste, employé judicieusement : ni trop, ni trop peu. On ne peut évidemment pas prétendre le contraire : si les gouvernements se préoccupaient de fournir de l’emploi à tous leurs administrés, il y longtemps que ce problème serait résolu puisque que ce sont eux qui détiennent les clés du système ! Quels que soient les régimes politiques, le chômage est maintenu dans une certaine fourchette…

Pour les gouvernements, le maintien du chômage est un exercice délicat mais indispensable : soumis au patronat et à la dictature du marché, ils ne peuvent le supprimer car s’il n’y en avait plus, les gens ne seraient plus dociles, apeurés, soumis. Les conditions de travail s’amélioreraient, ce qui est contre la l’intérêt des exploiteurs. C’est le chômage qui permet de maintenir les gens dans la peur et donc sous la domination de ceux qui les emploient. Seul, la peur de se retrouver sans revenus permet le maintien de salaires insuffisants, ce qui, dans la logique comptable de l’économie de l’asservissement, est le plus sûr moyen d’économiser sur les coûts de production, et de faire de copieux bénéfices. Comme le disait Ricardo aux patrons «Donnez à vos ouvriers juste assez pour que votre main d’œuvre reste bon marché.» !
En même temps, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de chômage, à cause des conséquences sociales. Et puis, contradiction paradoxale de ce mode de gestion, il faut bien que les ouvriers dépensent quand même pour faire monter la croissance ! D’où un peu de politique sociale pour corriger quelques-uns de ses effets, juste de quoi empêcher toute révolte et maintenir le troupeau des acheteurs d’inutile. Les gouvernements ont donc une politique favorisant le chômage dans une certaine limite, la limite psychologiquement acceptable pour la société. Ils marchent sur le fil étroit de l’équilibre entre leur devoir d’élus et leur soumission au pouvoir de l’argent.

Avec la perspective bioéconomique, nous voyons le chômage comme une absurdité : dans un corps vivant chaque cellule a un rôle à jouer, que ce rôle soit hyperactif (cellule endocrine), simplement fonctionnel (cellule musculaire), ou juste de réserve (cellule graisseuse). Mises à part les cellules souches, qui doivent grandir, et les cellules âgées, qui servent de soutien, chaque cellule a son rôle à remplir pour l’harmonie organique[1].

Dans le corps social, c’est pareil, chaque humain a son rôle à jouer. Le chômage et la privation de ressources monétaires entraînent misère et faim, comme si nous supprimions l’apport en sang et en nutriments de certaines cellules de notre bras ou de nos jambes… Ces cellules, mal nourries, ne peuvent plus accomplir leurs tâches. Plus le nombre de cellules ainsi méprisées est important, plus les fonctions vitales sont perturbées, et plus la santé globale du corps en est altérée.

  • Il ne peut y avoir fonctionnement harmonieux du corps social si des citoyens et des groupes de citoyens sont en souffrance.
  • Chaque individu a son rôle à jouer.
  • Quels que soient la qualification et le rôle social, chaque individu est un être unique, riche et utile à la société.

En bioéconomie, il est évident de supprimer le chômage. L’Etat, par une politique appropriée, doit veiller à ce que chaque humain en âge de travailler puisse combler ses besoins par un travail épanouissant, susceptible, en même temps, d’être utile à la communauté toute entière.

  • La prévention du chômage est conceptualisée en tant qu’outil en bioéconomie. 
  • Si la sphère privée ne propose pas d’emplois, c’est à l’Etat de le faire.
  • Les emplois sont épanouissants ou ont des compensations financières ou/et matérielles de pénibilité.

Les cellules d’un organisme qui ne vivent que pour elles-mêmes, sans porter atteinte à l’organisme tout entier, sont les kystes bénins. Bien qu’ils n’aient pas, à priori, d’impact négatif sur la santé d’un corps, ce sont des cellules parasites. L’organisme peut en tolérer quelques-unes sans grave conséquence, mais si leur nombre et leur volume deviennent trop importants, cela pose un véritable problème.

Dans un organisme social, c’est pareil. Ceux qui vivent en parasites et n’apportent rien à la société peuvent être considérés comme des sortes de kystes. La politique doit donc veiller à en limiter le développement en offrant à chaque citoyen la possibilité d’avoir une activité professionnelle épanouissante.

  • Chaque cellule-citoyen est utile à sa communauté, soit par son travail, soit par des travaux d’intérêt général.
  • La société détermine les emplois qu’elle juge utiles à son fonctionnement.
  • A différents niveaux, international, étatique, régional, les individus doivent définir quels emplois ils souhaitent voir développer pour leur bien-être. Des référendums doivent pouvoir permettre d’appréhender au plus près ces besoins.

 

[1] Les seules qui ne jouent pas de rôle utile sont les kystes parasites (représentées dans la société humaine par ceux qui vivent au crochet des autres) et celles qui jouent un rôle néfaste sont les cellules cancéreuses (représentées par ceux qui vivent au crochet des autres en les détruisant).

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