26. La « libre » concurrence

 

Notre Homme a un œil droit et un œil gauche. Ces organes, pour bien voir, ont besoin de se mouvoir facilement dans leur orbite, grâce aux muscles, mais aussi, grâce au fait que la cornée est recouverte d’un film lacrymal fin, mais indispensable. Pour cela, les yeux demandent aux glandes lacrymales de leur fournir une certaine quantité de ce liquide précieux. Qu’il manque, et la sécheresse oculaire s’installe, avec douleur, irritation et risque d’atteinte de la cornée. Chaque œil reçoit de chaque glande, une quantité de film équivalente. Chaque glande fabrique un liquide identique, tant en quantité qu’en qualité

Mais que se passerait-il si une des deux glandes décidait que son film est de meilleure qualité, même si c’est inexact, et qu’il lui faut à elle, la Glande Lacrymale Gauche, nettement plus de globules pour fonctionner ? Que notre glande fasse une concurrence féroce à celle de droite ? L’apport de sang supplémentaire dans la glande va se faire aux dépens des tissus avoisinants, au détriment de l’œil qui doit se passer d’une partie de ses ressources sanguines. De l’autre côté, affolée, la glande lacrymale droite risque aussi de recevoir moins de sang, elle va compenser en demandant à ses cellules de travailler deux fois plus, sans relâche, et les épuiser, ce qui va provoquer à moyen ou long terme une déficience définitive.

Nous voyons donc que la concurrence entre les deux glandes est une chose absurde, dommageable et qui n’a aucun sens…. La concurrence a un effet pervers, qui, loin de rendre un meilleur service aux yeux, va en réalité faire le contraire. La lutte entre les deux glandes, va provoquer un désagrément tel que l’homme ne pourra plus voir correctement, au risque de perdre la vie si un tigre l’attaque ou qu’un précipice se présente…

concurenceLa concurrence dans la société moderne suit le même modèle. Il s’agit de vendre deux articles identiques, mais à des prix différents… La « libre concurrence » est encouragée en permanence. Ce pourrait être la concurrence sur la qualité, ce qui est évidemment désirable, mais non, c’est la concurrence sur le prix ! Pour un même produit, simplement en franchissant la rue, on peut trouver des écarts allant du simple au quintuple. Il faut « faire jouer la concurrence », comme si c’était un jeu de regarder chaque étiquette, de se souvenir des prix précédemment vus, de faire des allers et retours pour trouver le prix le plus correct. Le jeu est vraiment désagréable ! S’il ne surveille pas, le consommateur se «fait avoir » systématiquement, il est fatigué et ulcéré de devoir constamment comparer les prix.

L’argument officiel dit que c’est un avantage pour le consommateur, comme si était bénéfique l’obligation d’une vigilance constante et épuisante ! Alors qu’il serait bien plus satisfait de payer un objet à son prix juste et identique partout, et bien moins fatiguant d’éviter de courir d’un magasin à l’autre continuellement, chaque magasin pourrait vivre sans avoir besoin de faire des sous ou surenchères : la fixation du prix des objets est en réalité une nécessité aussi bien pour les acheteurs que pour les vendeurs.

On nous clame partout que la « libre concurrence » permet plus de choix et des meilleurs prix pour les consommateurs. Ceci pourrait être vrai, théoriquement, mais est totalement faux en réalité, car la formation de multinationales, avec monopoles et concentration, élimine toute concurrence et fait monter les prix, tandis que la qualité, bien souvent devient problématique. Le bon sens et la logique ne doivent pas habiter la même contrée que celle des économistes adepte de la « libre concurrence » : cela ne gêne aucune chaîne de magasins de pratiquer, pour un même paquet de biscuits, le prix fort dans l’enseigne, et des prix plus modiques dans la sous-enseigne situé dans un quartier moins huppé… Quand la ménagère achète deux assiettes identiques sur le même portant, il ne lui viendra pas à l’idée de trouver normal qu’elles fussent de prix différents… mais qu’elle traverse le passage piéton et elle trouve la même assiette au double de ce premier prix juste dans le portant du magasin d’en face…

Au nom de quel principe débile
deux produits identiques
peuvent-ils valoir deux prix différents ?
Comment justifie-t-on une telle absurdité ?

Par le principe de la « liberté », prétend-on… En accolant ce mot «liberté» au mot « concurrence », on fait un amalgame du concept de liberté avec le geste commercial. Chacun pense que la liberté étant une chose hautement désirable… la « libre concurrence » en est une aussi par conséquence sémantique ! En fait, il ne s’agit pas de « libre concurrence », mais au contraire d’une totale contrainte, pour le consommateur, pour le marchand et surtout pour l’ouvrier producteur !

Ce terme est en fait une véritable escroquerie intellectuelle.

La « libre concurrence » ne répond en fait qu’à une logique asservissante : celle de vendre le maximum… donc celle de vendreesclave le moins cher possible pour faire vendre le plus possible. Pour cela, il n’y a qu’un seul moyen : réduire les coûts. Ainsi les conditions de travail sur la planète deviennent-elles de plus en plus dures, les salaires plus misérables. Les syndicats sont détruits allègrement lors des privatisations. Dans le système de la « libre concurrence », les gouvernements savent que leur intérêt est de fournir des ouvriers sous payés et non syndiqués : pour garder dans leur régions les entreprises sources d’emplois, ils vendent leur âme, ou plutôt celles des travailleurs, en faisant des lois sociales au rabais, ce qui est une forme de prostitution de leur fonction. Le respect de l’environnement, considéré comme un coût superflu, est négligé.

D’un point de vue bioéconomique, la « libre concurrence » est non seulement inductrice d’effets pervers mais tout bonnement illogique et sans aucun justificatif biologique.

Un objet ne peut valoir qu’un coût réel :
celui de son prix de revient,
plus la part du circuit de distribution.
Un objet n’étant pas une chose vivante,
mais une chose morte,
il n’y a aucune raison que ce coût soit vivant et fluctuant.

  • Deux objets identiques ont le même prix, en rapport avec le coût de fabrication et le coût sociétal. La concurrence par le prix est interdite (non par la qualité bien sûr).
  • Le prix d’un objet est décidé en concertation avec tous les producteurs locaux de cet objet sur examen des coûts de fabrication.
  •  Le coût de revient d’un produit est connu et accessible à chaque citoyen.

 

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