31. La propriété terrienne

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La propriété terrienne

« Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c’est sur eux-mêmes qu’ils crachent. Ceci nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d’une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles… » (Chef Seattle déclaration 1854)

Comment un être humain,
cette toute petite, petite, petite, petite, petite chose fragile
de moins de deux mètres peut-elle se dire propriétaire de la Terre,
cette ENORME planète vivante, d’environ
6. 000.000.000.000.000.000 de tonnes
et de 1.083.320.000.000 de km3 ?

Par quel travers bizarre, par quelle outrecuidance, par quel orgueil insensé, un homme peut-il poser un piquet et dire « cet endroit est à moi » comme on s’approprie un objet ? Quand on voit la force des ouragans, la puissance dévastatrice des tremblements de terre, la destruction des inondations, il y de quoi se poser des questions sur la santé mentale de l’Homo Sapiens !

Au nom de ce droit de propriété, au Brésil, par exemple, des milliers de personnes, les « Sans Terre » ne peuvent occuper un lopin de terre qui suffirait à les nourrir, tandis que quelques riches propriétaires laissent en friche des millions de kilomètres carrés de terres cultivables ou les cultivent en employant de véritables esclaves (moins de 1 % des propriétaires possèdent 46 % des terres).

Ailleurs, dans les pays nantis, les gens ne peuvent accéder à la propriété et y mettre, ne serait-ce qu’un cabanon, car le prix de la terre atteint des sommes astronomiques. Seuls les plus riches peuvent espérer s’offrir de quoi regarder des fleurs pousser. Des travailleurs honnêtes, ayant toute leur vie œuvré dans le social ou dans l’éducation des jeunes, ne pourront jamais disposer d’un petit potager.

Il y a là une erreur fondamentale :

La Terre NE PEUT PAS nous appartenir :
c’est nous qui lui appartenons.

Qu’elle se déchaîne et nous retrouvons vite la juste mesure de notre petitesse ! Qu’elle se secoue dans une rage tellurique et nos pauvres maisons s’écroulent en quelques secondes… Qu’elle déverse sur nous quelques déluges puissants et nous voilà submergés… Cette idée « la terre nous appartient » est donc un véritable délire de toute puissance enfantine… Il serait grand temps de grandir ! Tout au plus, en tant qu’être humain, ayant un besoin de territoire et de sécurité à combler, pouvons-nous revendiquer un droit d’occupation d’un sol.

Tout comme la puce ne peut se dire propriétaire d’un endroit du grand chien qui l’abrite, un citoyen ne peut se dire propriétaire de la Terre.

ball02a.gif Le sol d’une nation appartient en location à l’ensemble des habitants de cette nation.

ball02a.gif La proposition de la bioéconomie est que le droit d’occupation des sols est un droit collectif, donc le sol est un bien public et chacun doit pouvoir y accéder.

La construction appartient à la personne qui en a financé le travail, mais le sol reste à la collectivité, à charge au locataire de préserver ce sol et d’en prendre soin pour les générations futures [1]

« Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres,
nous l’empruntons à nos enfants ». (Antoine de Saint-Exupéry)

La vraie sagesse serait de revenir à la pensée des Indiens d’Amérique du Nord, qui riaient bien de la folie des hommes blancs qui leur achetaient la terre. En effet, pour eux, il n’était pas possible d’être « propriétaire » d’une chose qu’on ne peut emporter avec soi. Et ils avaient bien raison, personne ne peut emporter un paysage dans ses bagages [2]

En échange de l’occupation, un loyer doit être payé à la collectivité, proportionnel à la qualité de l’emplacement et à la surface. Ce loyer collectif rejoint la TBES pour le financement des retraites et des Revenus Vitaux. Cette mesure a pour objectif aussi de maîtriser les prix des terrains dont les montants deviennent délirants. Un jeune, désirant vivre dans sa ville, ne peut plus le faire, dans certaines régions, simplement parce que le secteur immobilier est devenu totalement inaccessible. Ailleurs, seuls les plus riches peuvent jouir d’une situation ou d’un paysage. Combien de résidences avec vue imprenable sont fermées onze mois par an, tandis que des familles entières ne peuvent trouver à se loger ? C’est profondément injuste, chacun, à égalité, devrait avoir les mêmes chances de poser ses planches et son toit sur le coin de la planète où sont nés ses parents.

Si une localité a des terrains à louer, des critères précis, nationaux, doivent permettre d’en déterminer le prix de location. Une offre ouverte est portée à la connaissance de la population. Afin que chacun puisse rester sur la terre de ses ancêtres, les locations de la terre sont ouvertes en priorité aux enfants du pays, grâce à un quota protecteur. La location est attribuée par tirage au sort de tous les candidats ayant la possibilité de payer le loyer demandé. Si une personne souhaite déménager, elle revend la maison ou l’appartement, le loyer de la terre est transmis au nouvel occupant.

S’il y a une position que l’Homme doit occuper sur sa planète, au nom de cette intelligence si supérieure qu’il revendique, ce n’est pas celle de propriétaire, c’est celle de Gardien et de Protecteur des autres règnes, uniquement. Après tous les dégâts qu’il a commis, il lui faut, au nom de l’Evolution, et au vu de la gravité de la situation, qu’il quitte le statut de consommateur égoïste et inconscient pour celui, adulte, de restaurateur amoureux.

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[1] C’est ainsi que cela se pratique dans certains villages de Corse. Les baux correspondant à cette location de la terre sont dits baux amphitéotiques.

[2] Il est un peu difficile d’emporter sa maison avec soi, bien sûr, mais pas impossible… on a parfois démonté et remonté des châteaux ou des monuments pierre par pierre… et il suffit de construire des maisons démontables ou mobiles…

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