30. Le temps libre, les vacances

(page en cours de rédaction)

Le temps libre, les vacances.

    Dans un organisme vivant, il y a des rythmes, des baisses et des hausses d’activités. Certaines cellules travaillent plus que d’autres, mais, d’une manière générale, un corps ne peut survivre sans repos. Même les cellules cardiaques, ayant une activité apparemment continue, passent par des phases de moindre activité, retrouvant ce que l’on appelle la cohérence cardiaque, sinon, le muscle du cœur, sollicité en permanence, s’userait prématurément, entraînant le décès de son hôte. Le repos est donc une des conditions de la continuité de l’être, il est intrinsèquement lié à la Vie. Partout dans la nature, les êtres vivants passent par des périodes d’intenses activités et des périodes de repos. Un être vivant n’est pas une machine, pouvant fonctionner de manière continue à la même cadence : l’alternance veille-repos est la condition même de son efficacité et de sa survie.

Nous constatons alors combien le capitaliste se trompe quand il prétend faire travailler davantage les gens, que ce soit à la semaine ou en rallongeant les années d’activité. Les conditions de travail que supportent les employés philippins pour les grandes marques de sport sont inhumaines. Des jeunes gens travaillent dix-huit heures par jour, dans des conditions thermiques insupportables, parfois doublant la nuit pour des commandes en retard. Il ne se passe pas un mois sans qu’un homme jeune, à l’origine en bonne santé, fait pour vivre son avenir, ne décède d’un burning-out, brûlé de fatigue, consumé de l’intérieur. Ce n’est pas du travail, mais bien de l’esclavage. Dans certains pays anglo-saxons, les gens cumulent deux, voire trois emplois. Un pour la journée, un le soir et un petit boulot le week-end. Ceux qui prétendent nous faire travailler, eux, n’auront aucun mal, financièrement, à se reposer quand ils le désireront, mais ils nous offrent à longueur d’années des phrases délirantes du genre « il faut réhabiliter le travail » alors qu’au contraire, c’est le repos, le loisir et le plaisir qu’il faut réhabiliter de toute urgence !

On parle de baisser les impôts et de réhabiliter le travail.

C’est une régression sociale sans précédent.

C’est surtout complètement stupide.

Comment l’humanité pourra-t-elle progresser sur un plan humain, affectif, intellectuel si la majeure partie des gens travaille sans discontinuer ? Comment pourrons-nous nous cultiver, prendre soin de nous si nous n’avons plus de temps libre ? Nos grands-parents se sont battus, alors qu’ils travaillaient dans les mines jusqu’à seize heures d’affilées par jour pour avoir une vie plus décente… Nous savons quelle vie ils avaient… et nous offrons encore celle-ci à des milliards d’humains pour assouvir l’appétit dément de quelques grandes familles…

Les gouvernements, partout, tentent de rallonger la durée du travail. Ils laissent faire le saccage des lois progressistes sur la réduction du temps de travail : ils permettent et même encouragent les grandes entreprises, aux bénéfices pourtant colossaux, à faire du chantage à la délocalisation en toute impunité. Les ouvriers sont mis en demeure, ou d’être mis à la porte, ou d’accepter de travailler plus, ce, sans aucune augmentation de salaire. Mieux même, grâce à des directives « à la Bolkestein », on va pouvoir délocaliser directement sur son propre territoire : au mépris de législations du travail « honnêtes », les entreprises, pourvu simplement qu’elles aient leur siège social dans un pays aux législations moins protectrices, pourront employer avec des conditions et des salaires au rabais… Cela rongera de l’intérieur nos acquis sociaux… Est-ce le projet de l’économie moderne ? Nous faire revenir à l’usine jusqu’à soixante-dix ans, douze ou quatorze heures par jour, avec un salaire rétréci ?

Le mythe du travail date aussi du temps d’avant le machinisme, où il fallait une ou deux personnes pour en nourrir une seule, ainsi que nous l’avons vu pour le problème des retraites : il fallait obligatoirement des jeunes pour payer la retraite des vieux, mythe qui a toujours cours, hélas… Avec la robotisation et la science agricole, la nécessité du temps de travail ne cesse de diminuer. Une machine, à elle seule remplace de nombreux travailleurs. Si elle ne diminue pas, pour certains exploités, ce n’est pas par nécessité économique globale, mais uniquement pour les profits des multinationales : ce n’est plus la machine qui concurrence l’homme, en fait, la machine lui offre du temps libre. Ce qui concurrence l’homme des pays riches, c’est cette partie d’humanité dont les droits de base sont bafoués, la main-d’œuvre bon marché des zones franches, des sweat-shops et des pays déshérités. Quand une usine ferme en Alsace pour s’ouvrir à Bangkok, c’est l’Occident lui-même qui se met à la porte… D’une certaine manière ce n’est que justice… mais au niveau planétaire, c’est totalement destructeur.

L’ensemble des mesure précédemment citées (monnaie planétaire unique, Revenu Citoyen Vital universel, limitation de la tailles des entreprises, Taxe de Distance Ecologique, Prime EcoSociétale, etc…) permettent à chaque tissu social de fonctionner sans être détruit par la concurrence. Par conséquent les délocalisations deviennent inutiles. C’est d’ailleurs aussi, de toute évidence, le seul moyen de résoudre l’ensemble des problèmes liés à l’immigration.

Chacun est en droit de travailler normalement sur sa terre, où qu’elle se trouve.

La bioéconomie ne peut accepter les délocalisations

Toute la Vie sur la planète dépend donc d’une bonne alternance activité-repos. Pareillement, les cellules humaines ont besoin de repos et de changement d’activité pour recharger leurs batteries. C’est la condition de leur efficacité au travail. D’ailleurs, d’un point de vue purement économique, même capitaliste, ce n’est pas une mauvaise chose : un rallongement des loisirs permet, de façon spectaculaire, de développer les activités de tourisme, de bricolage, de loisirs, de bien-être et de relations sociales enrichissantes. Plus de temps libre signifie plus de temps consacré à l’éducation des enfants, donc des enfants plus épanouis, et plus de temps réservé à diverses activités manuelles, sportives ou culturelles qui sont sources de l’activité sociale et des richesses collectives. De plus, les activités choisies augmentent le bien-être psychologique, donc concourent à la santé morale des cellules-citoyens, à l’état d’humeur de la nation et du corps social planétaire, et par conséquent diminuent les surcoûts sociaux.

La bioéconomie organise et encourage les temps de repos comme élément indispensable à l’économie.

La diminution du temps de travail favorise la santé du corps social et son enrichissement par des activités du temps libre.

D’autre part, nous l’avons vu plus haut : si l’intérêt bancaire était supprimé, nous pourrions travailler deux fois moins pour le même salaire. Ceci nous montre à l’évidence combien nous travaillons trop en réalité !

Ce n’est donc pas le travail qu’il faut réhabiliter, mais bien le temps libre, temps nécessaire aux soins des enfants et à notre développement intellectuel, artistique ou sportif. Et ce, de toute urgence.


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