38. L’alimentation

La santé, l’alimentation

L’état du corps ne peut être optimal que si les jeunes cellules sont elles-mêmes en parfaite santé, tant sur le plan physique que psychologique, puisque ce sont ces mêmes jeunes cellules qui construisent le corps pour demain.

Pour la bioéconomie, la question de la nourriture est simple et fondamentale : l’alimentation est produite sur place et biologique. Tout ce qui est un additif chimique doit être éliminé : en effet, comme les médicaments, une substance chimique ne s’élimine jamais à 100 % d’un corps. Sa décroissance est exponentielle, mais jamais nulle. C’est-à-dire que le moindre médicament que nous avons pris vingt ans auparavant, même en petite quantité, laisse des traces dans notre organisme. Quand nous voyons les quantités et la diversité incroyable de substances que nous ingérons chaque jour, pesticides, colorants, conservateurs, ainsi que les additifs neurotoxiques et les médicaments souvent chimiques… il n’y a pas à chercher bien loin la cause de nos maladies dites de «civilisation ». Notre corps physique n’est qu’un ensemble de cellules et nous dépendons, physiquement, de ce que nous mangeons. Moins un individu ingère de substances inutiles ou toxiques, plus sa santé est préservée. La santé d’un individu, et par extension de toute la population, est un objectif fondamental pour une économie saine. Comme l’affirme le bon sens, mieux vaut prévenir que guérir

ball02a.gifLa bioéconomie encourage une nourriture exempte de pesticides, de colorants, conservateurs et autres substances chimiques.

Par ailleurs, si l’agriculture est dans l’état où elle est maintenant, avec des plantes remplis de substances dangereuses, une mécanisation coûteuse et polluante, sur des sols qui se désertifient de plus en plus, ce n’est que pour des raisons de profits pour les multinationales de l’agrobusiness. Avec la perspective bioéconomique, il n’y a aucune raison de maintenir ce genre d’agriculture et de ne pas laisser les petits paysans vivre de leurs travail.

Seule, une agriculture de proximité, avec des produits de saison, avec des aliments vivants parce que transportés facilement et rapidement, pour tout ce qui est alimentation de base, peut remplir ce rôle de prévention. Sans transport de longue distance, inutile de mettre des conservateurs. Le taux de vitamines est préservé, l’aliment en harmonie avec les saisons.

Dans un domaine proche, la bioéconomie ne peut pas cautionner le brevetage du Vivant et la mainmise des semenciers sur les graines qui sont nées pour nourrir l’humanité et les autres espèces vivantes.

On n’enferme pas la Vie dans des coffres-forts ; il n’est pas possible, pour l’unique bénéfice de quelques-uns, que plus de six milliards d’individus soient privés du droit fondamental d’utiliser les merveilles que produit la nature.

ball02a.gifNul ne peut détenir de brevet sur le Vivant.

ball02a.gifLes graines sont un bien commun de l’humanité et de l’ensemble des espèces vivantes.

ball02a.gifLe développement et la sauvegarde des plantes anciennes sont encouragés.

S’il est une industrie de la société moderne qui démontre la démence dans laquelle s’est engagé l’être humain, c’est bien celle de l’agro-alimentaire.
Les méfaits de l’agriculture intensive, la destruction des sols, le massacre des forêts vierges, la pollution irréversible des nappes phréatiques ne sont plus à démontrer.
Pire encore, l’appât du gain nous a fait totalement perdre de vue le respect que nous devions à toute vie nourrissant la nôtre. Les chiffres de la condition animale sont absolument effroyables.

star01a.gif Il faut réaliser l’ampleur du carnage perpétré au niveau mondial, Il est monstrueux : les statistiques 1998 de la FAO révèlent que 45 milliards d’animaux, dont 290 millions de bovins, 1.1 milliard de porcs, 802 millions de moutons et chèvres, 41 milliards de poulets, canards, oies, dindes ont été tués pour leur viande dans le monde. Pour 6 milliards d’humains, cela fait donc 7 animaux par année et par habitant.

Et encore ces chiffres ne comprennent pas les animaux morts avant l’abattage, généralement de maladies, de blessures, de soif ou de suffocation à cause des conditions désastreuses d’élevage ou de transport. Aux Etats-Unis, où le nombre total d’animaux tués pour l’industrie de la viande s’élève à 9.4 milliards, le pourcentage de ces animaux morts avant l’abattoir est évalué à 11% de tous les animaux dits de boucherie, soit 1 milliard d’animaux. Voilà la triste réalité aujourd’hui. Et dans les prochaines années, quelles sont les perspectives ? 100 milliards d’animaux en 2020 ? (…) En France, MCDonald’s tue pour ses restaurants 450 000 bovins, 10 millions de poulets et 230 000 cochons.

star01a.gif A notre époque dite civilisée, on « fabrique » de la viande comme des automobiles, en série. L’industrie de la viande utilise chaque année dans le monde plus de 27 000 tonnes d’antibiotiques, ceci afin d’accélérer leur croissance. La finalité de l’élevage intensif est de produire le maximum de viande dans le temps le plus court avec le minimum de frais, pour le profit et la rentabilité des multinationales agro-alimentaires.

Ainsi l’animal n’est qu’une machine à transformer les aliments en produits ou en service. (…) Les animaux sont l’objet de manipulations, de mutilations et de tortures. Les maladies font partie de leur lot. Souvent, immobilisés dans des enclos, à la noirceur ou à la lumière artificielle, ils n’ont pas accès à l’exercice. On leur refuse tout contact avec leurs pairs. On en fait des « machines » à fournir de la viande, pas plus. Jamais dans toute l’histoire de l’humanité a-t-on vu une exploitation des animaux semblable à celle qui s’exerce maintenant dans l’industrie de l’agriculture. (R.A.G.E. )

Les méthodes d’élevage intensif ont des répercussions à court et à long terme sur les animaux et les humains. De la forte concentration du bétail résulte un manque d’exercice au grand air et un stress permanent, qui entraînent fatalement des problèmes de santé chez les animaux (…)

C’est ici qu’interviennent la science et les multinationales pharmaceutiques pour porter « secours » aux animaux prisonniers de ces camps de concentration, avec leurs médicaments toxiques. Disséminées dans l’eau, dans la moulée, injectées dans les muscles, diverses drogues se retrouvent ainsi absorbées par les animaux: antibiotiques, sulfamides, tranquillisants, hormones, anoblissant, vaccins, etc… En Amérique du Nord, 50 % de tous les antibiotiques servent pour les animaux. (l’hygromucine, pipérazine..)

On manipule le poids du veau grâce à des stéroïdes anabolisants (Clenbuterol) qui agissent à la répartition des graisses, afin de le vendre à un meilleur prix. La somatotropine (bst), actuellement expérimentée par les pharmacologues américains augmente la production de lait chez les vaches, et les dérivés de cette hormone synthétique augmentent le poids des porcs. On applique sur tout le corps des poulets et des porcs des pesticides tels que le Toxaphène et le Malathion pour combattre la gale.

Toutes ces drogues et produits chimiques toxiques dont les animaux sont nourris et arrosés finissent par s’accumuler dans leur chair et leur squelette, et par conséquent dans l’organisme de ceux qui les consomment….

La Pollution de la chaîne alimentaire affecte donc : la viande, la volaille, les œufs, et les produits laitiers. Ce sont ces aliments qui contiennent le pourcentage le plus élevé de résidus de métaux lourds, de pesticides et d’engrais synthétiques. Quant au poisson… 50 % de la production mondiale sert à nourrir le bétail ! Et le poisson est reconnu pour sa grande habilité à absorber les métaux lourds et autres produits toxiques qu’on retrouve dans l’environnement marin : mercure, plomb, BPC, DDT, cadmium, phosphate, Mirex, etc…

Il semble que 85% de notre exposition aux produits chimiques soit due à la nourriture que nous mangeons. Ces produits peuvent causer chez certaines personnes, cancers, malformations congénitales, mutations génétiques, etc… (1)

Comment ne pas frémir devant de tels chiffres ? Devant un tel gaspillage de vies, devant un système qui génère tant de souffrance pour les animaux, tant de destructions pour les écosystèmes et tant de conséquences sanitaires pour l’homme, la bioéconomie ne peut qu’être interpellée. Comment un corps pourrait-il rester sain en se remplissant chaque jour avec des molécules trafiquées, des résidus de pesticides et d’antibiotiques, des aliments irradiés, des viandes pleines d’hormones de souffrance et de peur ? Avec une telle alimentation, comment le corps social planétaire peut-il ne pas sombrer dans la folie, dans l’agressivité et l’autodestruction ? Puisque des millions de personnes ne mangent pas de viande, ou fort peu, et s’en trouvent en bonne santé, ne conviendrait-il pas de se poser sérieusement la question de la nécessité d’une telle consommation carnée ? Ne conviendrait-il pas, au moins, de réduire cette consommation et d’obliger les élevages à respecter un minimum les besoins des animaux ?

On ne peut espérer avoir une économie respectueuse de la vie de chaque humain, si à côté, on ne pratique pas aussi le respect pour les autres formes de vie, car la souffrance que nous infligeons aux autres règnes, forcément, nous la récupérons en retour. Ainsi que l’exprime si bien Pythagore: « Tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entre-tueront». Car si l’on est insensible à la souffrance des autres êtres vivants, on l’est forcément à l’égard des autres humains.

Le degré d’évolution d’une société se mesure à la manière dont elle traite ceux qui sont privés de parole.

La surconsommation de protéines animales, outre les problème de santé qui sont connus (obésité, artériosclérose, rhumatisme, incidence sur le cancer…) est en fait extrêmement dangereuse pour l’environnement, pour notre environnement : les nappes phréatiques et des rivières sont polluées par les lisiers. L’élevage du bétail produit annuellement une centaine de millions de tonnes d’un des gaz responsables de l’effet de serre, le méthane. D’après le Comité de recherche du gouvernement allemand chargé d’étudier la préservation du climat (1992) les émissions de 528.000 tonnes d’ammoniaque émises chaque année en Allemagne sont dues pour 80% au bétail. Diminuer le nombre d’animaux de boucherie, en changeant le mode d’alimentation permettraient de réduire ces quantités d’ammonium et d’azote rejetées. D’après l’Institut Néerlandais pour la Santé et la Protection de l’Environnement (1989) les sols se sur-acidifient : « Les nitrates qui proviennent du purin diffusent de l’ammoniac dans l’air, ils sont des poisons pour l’environnement. Ils causent les pluies acides et autres dépôts contenant des acides. En Hollande, la plupart des précipitations émanent des gaz d’ammonium provenant des élevages de bovins; ils causent plus de dommages au pays que les automobiles et les industries ».

Consommer un steak implique l’utilisation en moyenne de 60 fois plus d’eau que manger l’équivalent sous forme de galette de blé, riz, ou soja : il faut 100 000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande de boeuf, alors que 1 000 à 2000 litres suffisent pour produire 1 kg de blé, de riz ou de soja [2]. Par ailleurs pour produire une seule calorie animale, on prodigue sept calories végétales sous forme de céréales. On peut ainsi calculer l’effarant gaspillage que cette consommation indirecte implique au niveau de la planète. Pour nourrir le bétail des pays riches plus d’un tiers des céréales sont fournies par les pays pauvres, qui, par ailleurs, n’ont pas assez pour nourrir leur propre population.

Pour nourrir une personne pendant 1 an, il faut utiliser 2 ha de terre pour des protéines animales et seulement 0,16 ha de terre pour des protéines végétales. Sur la surface nécessaire à la production d’un seul kilo de viande on pourrait cultiver 160kg de pommes de terre ou 200kg de tomates. Il y a de moins en moins de terre pour produire des céréales pour les humains et les élevages intensif détruisent les forêts primaires : en Amérique du Sud des milliers d’hectares sont dévastés pour laisser la place à des pâturages, qui se désertifient en quelques années.

En mer, la situation est bien pire encore, la pêche industrielle détruit les fonds marins, tue des milliers d’animaux protégés, suppriment des bancs de sardines entiers. A cause de cela, des millions d’oiseaux et toute la chaîne alimentaire marine meurent de faim, les populations de mammifères se raréfient. En cinquante ans, la pêche intensive est passée de 21 millions à 120 millions de tonnes…

Sans parler des risques démultipliées de maladies transmissibles à l’homme à cause de cette promiscuité grandissante, nous voyons ainsi que la surconsommation animale est dangereuse sur un plan collectif, tant pour la santé que pour l’environnement qui est nécessaire à notre survie : nous ne pouvons continuer dans cette voie. Le propos de ce livre n’est pas d’inviter au végétarisme, mais il est nécessaire d’avoir une véritable réflexion financière sur la question : sur un plan strictement économique, nous pouvons constater combien la consommation à outrance d’animaux, tout comme d’ailleurs la consommation effrénée de biens matériels, a des effets désastreux sur l’environnement et par conséquent met en danger notre espèce même.

ball02a.gifLa bioéconomie, fondée sur le Vivant, implique un respect et une solidarité envers toutes les formes de vie.

ball02a.gif Elle encourage une agriculture douce pour les sols, les végétaux et les animaux.

ball02a.gif Elle encourage la recherche alimentaire pour fournir au plus grand nombre une alimentation de qualité, non issue du règne animal.

Ainsi elle peut fournir de multiples emplois travaillant sur des thèmes essentiels et variés : comment protéger les sols, comment cultiver ou élever sans causer de souffrance, comment éviter toute introduction de substance toxique dans la chaîne alimentaire, comme remplacer les produits carnés par des succédanés nourrissants et goûteux…

[1] Ce chapitre à été rédigé à l’aide des documents de www.pour-les-animaux.de et des sites qui lui sont associés : avec tous mes remerciements.

[2] Source : Sciences & Vie – avril 1997

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