34. L’éducation

L’art

Où que l’on porte son regard dans la nature, on ne voit que des choses extraordinaires, des formes sublimes, merveilleuses. La coquille de l’ammonite s’enroule en une spirale parfaite, la toile de l’araignée, parée de gouttes de rosée scintille comme un chant mathématique, les méandres d’un cours d’eau se prélassent souplement dans les sables, pareils à la sinuosité des serpents sur les dunes. Que l’on s’éloigne de la Terre ou que l’on observe de près la moindre des créations de la Nature, une chose est certaine : tout est Beauté. Dans une musique subtile, les formes s’agencent, la lumière vibre, les angles s’harmonisent. Des milliards d’espèces, végétales, animales, des milliards de combinaisons extraordinaires se forment chaque seconde. Des couleurs extraordinaires, des agencements stupéfiants nous enivrent à chaque seconde. Les microscopes électroniques nous révèlent, encore plus, l’incroyable beauté du Vivant, la magie lumineuse des cristallisations. Le bruit du vent dans les arbres, le chant envoûtant des baleines, les sons aussi sont émerveillement.

Tout est Beauté.

La Vie est Beauté.

Art.

Chaque cellule du corps humain est belle et dégage une magie certaine. Un nouveau-né nous remplit d’un sentiment ineffable d’émerveillement devant la perfection de ses petits doigts, de sa peau si fine. Plus nous vieillissons, plus cette magie s’estompe, plus nous allons vers notre fin.

ball02e.gifOn peut donc mesurer le degré de vitalité d’un corps social à la quantité de beauté qu’il dégage.

Plus il a de cellules-artistes, chargées d’exprimer la Beauté, plus il est jeune, vital. Les cellules-artistes sont donc indispensables.

De tous temps, les civilisations humaines ont eu besoin d’exprimer cette Beauté, peignant dès l’aube de l’humanité les murs des cavernes, se parant de plumes, de bijoux. L’Art était intimement lié à la vie de la communauté. Indispensable.

Que la Beauté s’enfuie et le chaos s’annonce, porteur de mort et de destruction.

Or, plus un gouvernement est « libéral », moins ses artistes sont libres et moins ils peuvent travailler, faute de financements pour l’art. On réduit les statuts, les poussant à la précarité. On muselle l’expression. On sert une soupe médiatique triste et collective et des émissions imbéciles juste bonnes à faire monter l’audimat, source de profits publicitaires. Tandis que les artistes ne parviennent plus à se nourrir, seuls les privilégiés peuvent aller voir des spectacles, à cause du prix élevé des places… Et la créativité, qui sommeille en chaque enfant, est brisée, détruite dès huit ans, chez la plupart des petits, à cause de programmes scolaires privilégiant les matières « cerveau gauche ». Les heures d’éducation et de pratiques artistiques sont pratiquement inexistantes…

Les villes sont d’une laideur inouïe, vides de fleurs et d’arbres vénérables. Les habitations, identiques, sont construites carrées sur le seul modèle de l’économie, au lieu d’être pleines d’arrondis, d’arches, de balcons, de terrasses. Au lieu de peintures artistiques ou de graphes étonnants, on subit des panneaux publicitaires laids et envahissants.

L’art a déserté les cités, remplacé par le béton, le bitume et la pub.

Il est donc de la plus haute importance que l’Art soit remis à sa juste place, et que les cellules-artistes puissent vivre et développer pour la communauté toutes les formes artistiques.

ball02e.gifDans ses fondements même, la bioéconomie favorise la vie artistique, permet aux artistes de vivre, et considère l’esthétique comme une composante importante et intrinsèque de l’économie, au même titre que la santé, l’éducation ou les transports.

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