35. L’invention

L’invention

S’il est un domaine qui montre combien notre système est fou, c’est bien celui de l’invention. Poussant son obsession du profit jusqu’à l’absurde, ce qui fait la qualité intrinsèque de l’humanité, l’intelligence et l’inventivité, n’est pour lui que vulgaires marchandises. Ce qui a permis à l’homme de passer du simple primate à l’Homo Habilis est sa capacité à améliorer ses outils, à créer des objets techniques. Cette compétence, qui devrait être sacrée et honorée par une juste reconnaissance sociale et financière, les individus normaux ne peuvent l’exercer, faute de moyens. En effet, pour inventer, pour fabriquer un prototype, l’argent est nécessaire, mais pour cela, au préalable, il est indispensable de faire breveter son invention. Hélas, les tarifs sont si élevés que rares sont les personnes qui peuvent payer, de plus, en cherchant le financement pour le dépôt, nombreux sont les personnes qui se font voler l’objet de leurs travaux. Pour d’autres, plus nombreux encore, il n’est même pas possible de déposer un brevet. Du coup les inventeurs, dégoûtés, abandonnent leurs activités. C’est un gaspillage incroyable d’intelligence. Alors qu’à l’origine, aux lendemains de la révolution française, les brevets ont été inventés pour permettre à n’importe quel citoyen de protéger le fruit de sa créativité, il est aujourd’hui impossible de le faire pour des milliards de personnes, parce que c’est monétairement inaccessible. En effet, les services qui s’occupent des protections appartiennent au système privé, qui, et cela est logique, fait payer pour le travail qu’il exécute. Ceci est totalement absurde. Pourquoi l’Etat ne permet-il pas à chacun de déposer la preuve de l’antériorité de sa recherche, en mettant en place un service d’utilité publique, identique à la médecine hospitalière ou à l’enseignement ?

Comparons la situation sur un plan biologique. A l’intérieur du foie, se trouvent des cellules extrêmement compétentes : leur programme génétique leur permet de fabriquer quantité de substances utiles à l’organisme. Un jour, Monsieur Alban, tombe malade, empoisonné par une alimentation dénaturée. Certaines cellules de son foie sont aptes à produire un enzyme particulier, capable de contrecarrer les effets des particules toxiques ingérées. Mais faute que soit reconnue sociétalement leur capacité, elles ne peuvent produire les molécules indispensables… et bêtement Monsieur Alban se meurt…

Comment un petit ouvrier européen, un paysan du Gange, un Indien des hauts plateaux Boliviens, peut faire respecter ses inventions ? Ce droit fondamental est, de fait monétaire, interdit à des milliards d’individus. Pourtant, l’un d’eux peut-être aurait pu trouver un moyen pour résoudre un problème crucial énergétique, pour multiplier une matière isolante, pour désaliniser l’eau de mer ou nous protéger d’un astéroïde. Globalement c’est un gaspillage monstrueux d’intelligence humaine, une énorme perte pour l’humanité toute entière. Tout simplement parce que les organismes chargés d’enregistrer les brevets fonctionnent dans une logique de rentabilité, et non dans une logique de service et de droit.

ball02b.gifChaque individu doit pouvoir déposer gratuitement et internationalement, sa paternité sur des inventions : ceci est un droit fondamental.

ball02b.gif Cette paternité est enregistrée par des services d’utilité publique, dont le personnel est fonctionnaire.

ball02b.gif Pour cette invention le chercheur ou l’inventeur reçoit un salaire proportionnel à l’utilité sociétal de sa découverte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>