40. La Paix

Seule la paix est une option économique valable aujourd’hui

Autrefois, il y avait plusieurs corps sociaux sur la terre, correspondant aux nations ou civilisations qui y vivaient. Chaque corps, pour survivre et se développer, avait besoin d’étendre son « territoire alimentaire » et géographique. Ce territoire, les nations se l’appropriaient par la guerre armée, économique ou idéologique. En ce temps-là la guerre avait un intérêt financier indéniable, et pour les vainqueurs, un intérêt vital certain. On peut dire, d’une certaine manière, qu’à cette époque, la guerre était un outil économique «valable » et une option « efficace ».

Depuis l’avènement du village planétaire, d’Internet, du développement de la conscience globale d’appartenir à une seule et unique famille, l’espèce humaine, il n’y a plus à la surface du globe plusieurs corps sociaux : il n’y en a plus qu’un seul, unique.

L’Humanité est Une, multiple, chamarrée.

La génétique a prouvé que nous appartenions à la même espèce, et le brassage des cultures fait que nous sommes tous capables de nous comprendre, potentiellement.

Nous sommes donc aujourd’hui un seul corps, unique. Nous battre entre nous est aussi absurde que de prendre un marteau pour détruire nos propres côtes ou notre tibia. Nous nous attaquons nous-mêmes, comme le fou qui ne sait pas que son thorax ou sa jambe fait aussi partie de lui !

La guerre ne correspond donc plus à une nécessité vitale mais à une maladie auto-immune, maladie où le corps attaque lui-même ses propres organes.

Toutes les guerres (économique, idéologique, conflits armés…) ont pour conséquence l’affaiblissement d’un ennemi qui n’est qu’une partie de son propre corps, une partie de soi-même : en affaiblissant un Etat, une classe sociale ou une ethnie, c’est un organe du corps planétaire qui se détériore et c’est le corps lui-même qui en meurt. Nous voyons, par exemple, combien le conflit israélo-palestinien remplit la planète entière de haine et de ressentiment, et combien la colère enflamme le cœur de millions de cellules-individus, les dressant les uns contre les autres dans une rancœur sans retour.

ball02b.gifPar conséquent, les guerres, de quelque nature que ce soit sont préjudiciables à la société tout entière. Elles sont biocides.

ball02b.gifPour la bioéconomie, seule la paix est économiquement efficace, rentable, vitaliste.

Chaque nation peut, au contraire, se porter mieux si les nations à côté se portent bien. De même que la santé d’un corps humain dépend de la santé de l’ensemble de ses cellules et organes, le corps social planétaire n’est en santé, apte à poursuivre sa mission – amener l’espèce humaine vers un futur possible et meilleur – que si l’ensemble des régions et des nations est en parfaite santé sociale.

ball02b.gifPlus une nation est biovitale, plus elle doit aider ses voisines à l’être aussi.

De plus, l’énergie et l’effort financier qu’une nation met dans les armements sont gaspillés alors que cette énergie et cet argent seraient mille fois plus utiles à d’autres fins.

« Chaque arme à feu qui est faite, chaque vaisseau de guerre lancé, chaque fusée tirée, signifie au final un vol de ce qui devrait aller à ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, à ceux qui ont froid et ne sont pas habillés.» (Président Eisenhower, 16 avril 1953)

Les chiffres de l’économie, encore une fois nous montrent la folie absolue qui consiste à envahir qui que ce soit, même sur un plan uniquement économique. Le coût de la guerre en Irak, pour les Etats Unis était aux alentours de 156.395.270.000 dollars le 27 Février 2005 à 16 heures 15 (le compteur tourne si vite qu’il est impossible de noter les nombres en même temps que l’heure). Au lieu d’envoyer des chars et des missiles dans ce pays, le congrès américain en aurait donné seulement le dixième pour un changement véritable… Les vies auraient été épargnées de part et d’autre et les nations, d’ennemies, seraient devenues coopérantes ! Ce coût représente pour un an 2.097.833 professeurs supplémentaires pour les écoles ou 2793.565 bourses de quatre ans d’études universitaires dans ce pays… Ceci nous montre, si l’on en doutait, à quel point la guerre, même si on regarde d’un simple point de vue comptable, est une erreur désastreuse.

Autrefois, nous nous battions avec des armes de poing, puis de jet, mais nous n’attaquions que nous-mêmes… Aujourd’hui nous employons des engins détruisant l’environnement. Défoliants, projet H.A.R.P., infrasons, virus… Le plus dément sans doute est que nous permettons l’utilisation d’armes terrifiantes contenant des matières radioactives. Celles-ci, pulvérisées sous l’impact, se transforment en poussières microscopiques : portées par les vents, elles contamineront la planète entière… En 1991, 320 Tonnes d’uranium ont été déversées sur l’Irak, 75 en 2003… et 10 tonnes en Yougoslavie…

Ces aérosols radioactifs déjà contaminent l’air, les eaux, les sols pour 4,5 millions d’années… En Irak le taux de cancer a déjà augmenté de 700 à 1000 %, le taux d’anomalies congénitales dépasse les 400 % d’augmentation…

L’état de guerre permanente influence la santé physique, mais aussi morale du corps social planétaire : l’inquiétude fait baisser les défenses immunitaires, le stress est préjudiciable, car il empêche l’épanouissement. Pire, la guerre provoque de tels ressentiments que la colère empoisonne littéralement le corps humain planétaire et crée de nombreuses cellules autophages de terrorisme. Nous entendons chaque jour aux informations la souffrance des victimes, elle entraîne tant d’inquiétude que le corps de chaque cellule s’affaiblit et devient la proie facile des marchands de peur, des gourous et des semeurs de mort.

Car, que l’on ne s’y trompe pas : le terrorisme n’est pas une maladie soudaine que les nations occidentales, en pauvres victimes innocentes, auraient brutalement attrapée.

Le terrorisme, les nations occidentales l’ont créé de toutes pièces sur le lit de la faim, de l’injustice et de l’horreur économique.

Sur un plan bioéconomique la guerre est un phénomène impensable et injustifiable : comment seulement concevoir qu’un individu sain de corps et d’esprit puisse s’arracher un morceau de foie, se couper volontairement un pied ou s’amputer d’une main en pensant agir pour son bien ? Pourtant n’est-ce pas exactement cela que le complexe militaro-financier pousse l’humanité à faire en toute impunité pour enrichir son industrie de mort ? Là encore n’est-ce pas le signe que notre système économique a choisi la mort plutôt que la vie ?

ball02b.gifLa guerre est totalement anti-bioéconomique. La cessation de toute activité liée aux différents types de guerre est une évidence économique. De cet arrêt de la folie meurtrière dépend la survie de l’humanité.

L’argent, l’énergie venant de la reconversion de l’industrie guerrière peuvent être alors réaffectés aux soins de chaque organe planétaire et ainsi améliorer la santé du corps social de l’Humanité et de l’environnement.

Il est dérisoire d’évaluer un pays sur son aisance financière, sur ses réalisations techniques ou sur le nombre de ses missiles. Un Etat peut avoir tout l’or du monde, des machines extraordinaires, des inventions fantastiques, un armement susceptible de détruire la planète même. Mais si ses citoyens vivent malheureux, malades, stressés, suicidaires, à quoi cet Etat sert-il ? Croit-il vraiment remplir sa mission ?

Une société, au contraire, doit être appréciée à sa capacité d’apporter la satisfaction des besoins fondamentaux de chacun de ses membres, et même bien davantage encore : elle doit permettre à chacun d’atteindre un plaisir existentiel tel que l’individu, en se dépassant, grandisse et exprime le meilleur de lui-même. Et si chaque individu peut se dépasser, c’est la société des hommes dans son ensemble qui peut accéder ainsi à un plus haut degré d’humanité.

Demain, on ne jugera pas un gouvernement à sa force et à sa puissance : on le jugera à son intelligence et à sa capacité de résoudre les problèmes. On l’honorera pour son travail en vue d’obtenir la paix, et pour sa facilité à tendre la main aux plus démunis. N’est-ce pas là le véritable défi que nous lance notre condition humaine ?

[1] Certains pensent que la guerre d’Irak a été décidée pour sauvegarder les paiements des barils en pétrodollars. L’Irak voulait être payé en pétro-euros, ce qui est le commencement de la fin pour la suprématie étasunienne : comment continuer à financer le gouffre déficitaire si les barils ne sont plus payés en dollars ? Mettre la main sur le deuxième producteur d’or noir n’est pas seulement une nécessité énergétique, mais monétaire, vitale. Lire à ce sujet l’article lumineux de Marie-Louise Duboin dans « La grande relève » N°1032

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