20. Les multinationales

 1. LES ORGANES NE PEUVENT SE DEVELOPPER QU’EN RESPECTANT L’HARMONIE GLOBALE DU COPRS SOCIAL TOUT ENTIER

En effet, peut-on imaginer un individu avec un pancréas qui doublerait de volume tous les printemps ? Le corps aurait en quelques années un ventre tellement énorme qu’il en exploserait inévitablement. Ou bien pourrait-on voir un autre individu avec une main si énorme qu’elle pèserait à elle toute seule dix-huit fois le poids du reste du corps ?

multinationnaleSi l’on observe la Terre, c’est pourtant bien ce que l’on constate : certains Etats, en « poids de pouvoir », en niveau de vie, en développement technologique, « pèsent » bien plus lourd que d’autres Etats, rendus totalement faméliques. Comment le corps social planétaire pourrait-il bien se porter avec de tels déséquilibres ?

Nous retrouvons ici le problème que pose le mythe du « Progrès ». L’adoration du confort et de la facilité, la fascination pour la science et le dernier gadget, poussent à faire croire que le progrès matériel est toujours désirable, et surtout possible, même si la terre en meurt. Certains adultes sont fascinés par la science, par l’avancée technologique, comme s’ils vénéraient un nouveau dieu.

Notre civilisation n’a pas encore compris qu’un progrès ne valait que s’il était :
un, viable pour l’environnement
deux, partageable entre tous…

2. UN DEVELOPPEMENT MATERIEL FORCENE

firme-multinationaleLa course-poursuite au mythe du prêt-à-consommer conduit directement à l’exploitation et à la destruction du milieu. Au nom du mythe du progrès, les Etats capitalistes optent pour une seule option, le développement matériel forcené, sans se préoccuper si le voisin peut y arriver. Pire, à ce jeu idiot, la compétition seule est gagnante, plutôt que la coopération. Conséquence : nous assistons au développement d’entreprises multinationales énormes. Elles sont hors de contrôle des pouvoirs politiques, tellement leur puissance financière est impressionnante. Certaines engrangent des bénéfices supérieurs aux budgets des Etats, détruisant notre droit à décider de nos vies ! L’imposition de l’alimentation industrielle, du tout pétrole ou de la médecine allopathique en sont des exemples.

ball02c.gifLe développement d’un Etat, d’un groupe social, d’un organisme, d’une entreprise est forcément limité.

ball02c.gifCette limite est celle de l’équilibre et de l’harmonie générale du corps social.

Pour un corps humain, cela équivaut à une hypertrophie d’un organe non assujetti au pouvoir décisionnel du cerveau biologique chargé d’assurer la survie, avec une fonction physiologique se développant toujours plus. L’hyperthyroïdie par exemple, avec une glande produisant trop d’hormones, met en péril la santé toute entière. Si, en plus, ces cellules vivent aux dépens des autres cellules, par le non-respect de la loi biologique générale, elles mettent en danger la survie du corps à plus ou moins long terme.

pollutionLes industries du pétrole, en ayant racheté depuis des décennies les brevets qui permettraient de fabriquer des voitures non polluantes, pour que l’on continue à dépendre de l’essence – et des royalties liés à l’essence – sont comme un cancer des poumons qui va, à cause de la pollution et du changement climatique, asphyxier tous les êtres vivants. En participant massivement au réchauffement planétaire, ces industries engendrent la fonte des glaciers, ce qui risque d’entraîner une glaciation sur l’Europe par arrêt puis inversion du courant atlantique Nord. Ailleurs, les forêts brûlent sous les vents desséchants…

Les industries agro-alimentaires, en déversant leurs pesticides sur le monde, pour leur seul profit, se mettent au-dessus de l’intérêt général.

   maisLes traficoteurs de génomes, en lâchant leur OGM, malgré la volonté populaire manifestant un vigoureux rejet, se placent au-dessus de la loi du respect global et de la démocratie. Par leurs moyens financiers, ils ont toute la puissance voulue pour manipuler les esprits naïfs et pour faire passer en force leurs produits hautement suspects, grâce à un lobbying acharné et à la publicité. Pourtant un référendum international, fondé sur une information véritable et impartiale, les obligerait à annuler leur tentative d’invasion. Si demain, des millions d’enfants s’empoisonnent en prenant une plante alimentairo-médicamenteuse allergisante, c’est le corps social tout entier qui en souffrira.

ball02c.gifLe problème est donc la taille, la puissance et les moyens que ces entreprises ont acquis grâce à leur gigantisme.

ball02c.gifAucune entreprise ne peut s’affranchir des lois.

La concurrence est insupportable pour les petits patrons : certains trouvent cette concurrence humainement inacceptable et aimeraient simplement faire tourner leur entreprise, en permettant à leurs employés de vivre correctement, mais ils sont pris dans une logique implacable, celle du profit privé. On les entend, avec consternation, dire qu’ils sont obligés de devenir agressifs pour se développer davantage, comme s’ils n’avaient d’autres choix que de détruire l’autre pour ne pas l’être eux-mêmes.

3. LE VERITABLE ROLE DE L’ENTREPRISE

Théoriquement une entreprise est un sous-organe du corps social juste chargé de faire vivre l’ensemble de ses employés en aidant la population à résoudre quelques besoins.

C’est ça la fonction première d’une entreprise :
permettre aux patrons

comme aux employés
de gagner assez d’argent
pour combler décemment leurs besoins.

Mais dans le «jeu » sinistre de la soi-disant philosophie « libérale », elles sont prises au piège de la concurrence. Elles ne sont plus des machines à faire vivre, mais des machines à sous. Il faut, coûte que coûte, surpasser ou disparaître. Le phénomène est accentué dramatiquement dès qu’une cotation boursière intervient. Là, il n’y a plus de pitié possible, les actionnaires réclament du sang, il faut absorber le concurrent le plus fragile. Et restructurer au passage. Ce phagocytage effréné conduit à la disparition massive des petites et moyennes entreprises, détruisant un peu plus le lien social. Déshumanisées par leur gigantisme et ne voyant plus que l’intérêt de leurs donneurs d’ordre, les multinationales n’hésitent plus à licencier des millions d’employés, louche par louche, sans aucune conscience, sans états d’âme pour les désespoirs, voire les suicides que la perte d’un emploi peut provoquer. Les humains ne sont plus que de la chair à produire, ce qu’ils vivent ou ressentent importe peu… Aujourd’hui, on reçoit son avis de licenciement par texto… Aux informations télévisuelles se crée une nouvelle rubrique, celle des licenciements massifs, juste avant la météo… Quant à la nature, n’en parlons même pas, c’est juste pour ces entreprises transnationales un endroit à piller jusqu’au dernier caillou.

4. LES CONSEQUENCES DU GIGANTISME

multinationales-300x297Elles se comportent comme des super-organes, grossissant de manière incontrôlable, occupant tout l’espace du corps petit à petit. Elles n’hésitent pas, pour grossir encore, à absorber et à détruire d’autres organes, pourtant indispensables. Leur problème majeur est que, à cause du manque de lois pour les cadrer, leur direction est totalement autonome, fixée sur leur intérêt égocentrique à court terme et ne voyant plus du tout le fonctionnement de l’être vivant qui les héberge, l’Humanité, et encore moins ce qui permet à celle-ci de vivre, la biosphère. Au début simples organes, ils se transforment au fil du temps en des animaux parasites monstrueux, qui, quand ils auront absorbé toute la substance vitale de leur hôte, le laisseront pour mort, la Terre avec.

Ainsi actuellement, notre corps social est de plus en plus encombré par ces parasites terrifiants. Certains, un jour ou l’autre, en raison même de leur gigantisme, implosent sur eux-mêmes, entraînant au passage la destruction et le désespoir de millions de cellules-travailleurs. Ce qui fait le bonheur du parasite concurrent, pour quelque temps, jusqu’à la destruction globale du corps planétaire.

Il est évident que cette situation ne peut pas durer. Avant qu’il ne soit définitivement trop tard, seule une législation internationale, limitant la taille des entreprises, peut mettre fin à ce cauchemar.

La limitation et le prix standardisés des objets, peuvent permettre une concurrence saine, une reconstitution du tissu social, une relocalisation du travail : c’est la condition pour que chacun puisse vivre et travailler en sérénité sur la terre de ses ancêtres.

ball02c.gifLa taille des entreprises est strictement limitée, comme leur puissance financière.

ball02c.gifElles doivent travailler pour le bien commun.

5. LA RESPONSABILITE VERTICALE

De plus, pour atteindre leurs objectifs financiers il est de bon ton de sous-traiter. C’est tellement pratique ! Pour les grandes marques, sous-traiter, c’est vraiment LE remède idéal : aucune responsabilité puisque ce ne sont ni leur usines, ni leurs salariés, ni leurs pollutions. C’est ainsi que se pratiquent des conditions de travail abominables, que des enfants sont employés, terrorisés. On ferme les yeux sur le viol des fillettes, sur le travail des mineurs, sur l’esclavage moderne des parents, et sur l’environnement local. Tellement pratique ! Les droits syndicaux sont inexistants. Si d’aventure un syndicat se monte, en quelques heures l’usine emporte ses cadres, ses moules, ses machines et va vampiriser un peu plus loin une main-d’œuvre plus soumise. Ainsi, de proche en proche, comme un nuage de sauterelles, les multinationales s’abattent-elles sur le monde en détruisant les cultures vivrières et les civilisations anciennes.

ball02c.gifLa responsabilité des entreprises s’étend verticalement, de la première main-d’œuvre jusqu’au produit fini, sous-traitance comprise.

 

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