Qu’est-ce que le solidarisme ?

Un organisme vit en bonne santé s’il fonctionne suivant un certain nombre de lois biologiques adaptées, et s’il est régi par le système nerveux central ou périphérique, qui, d’une extrême intelligence vitale, sait donner des ordres biochimiques cohérents. Grâce à ces ordres donnés par des messagers chimiques, chacune des fonctions du corps s’accomplit harmonieusement pour un projet de vie, à court, moyen ou long terme.

Un système politique et social qui découle de la Bioéconomie
est donc également basé sur le respect des mécanismes du Vivant,
selon
un principe de solidarité à tous les niveaux,
et dans toutes les directions.

Si l’on regarde la société humaine, on voit avec consternation l’absence d’un pouvoir central intelligent : l’ONU est gravement défaillant. Des pouvoirs locaux, étatiques, gouvernés par des hommes paranoïaques, parfois sanguinaires, commettent de monstrueux génocides. Même les régimes plus humains ne gouvernent que dans l’intérêt de leurs populations, et non de l’humanité. C’est comme si, dans un homme, la main décidait de se rendre au sud, tandis que le pied choisissait le nord, et le thorax l’ouest… Des décisions démentes sont prises, comme des guerres fratricides ou des options technologiques dangereuses. Partout des lois cadres manquent cruellement pour garantir les droits fondamentaux de chaque cellule-citoyen. Globalement, les lois sont incohérentes. Ni les Etats, ni l’Humanité n’ont posé un projet de Vie susceptible de conduire cette Humanité vers un niveau de science, de culture ou d’évolution supérieure.

Les lois qui gouvernent la vie de la société humaine doivent être cohérentes pour un projet de vie décidé par l’ensemble des cellules, représentées par un pouvoir réellement démocratique et universel.

Un corps humain se maintient en bonne santé si le mode de vie, le mode de pensée et les activités qu’il choisit sont respectueux de tout son organisme et de sa biologie. Pour cela, il doit prendre des décisions adéquates et utiles à l’ensemble de ses cellules et de ses organes. Pour favoriser l’agilité de sa main droite, il ne va pas, par exemple, se couper les nerfs de la main gauche afin de concentrer toute la puissance cérébrale sur la main intacte. Il va essayer d’entretenir une harmonie parfaite entre les différentes parties de son corps, pour éviter la douleur, etc.

… C’est pourtant ainsi que nous envisageons les choses sur un plan international : nous laissons les pays défavorisés dans l’illettrisme tandis que nous développons nos universités occidentales… Nous permettons que des millions de personnes soient dans l’impossibilité de se soigner alors que nous pouvons fabriquer des tonnes de médicaments…

Pour que le corps social se maintienne en bonne santé, les décisions prises par les décideurs et les gouvernements doivent être dans l’intérêt général à la fois de chaque cellule-humain à l’intérieur des organes que sont les États, mais aussi dans l’intérêt du corps social tout entier, c’est-à-dire dans l’intérêt de tous les États en même temps.

Les décisions des politiques et des industriels doivent prendre en compte l’intérêt des individus, des États et de la société humaine dans son ensemble.

De même, un être humain équilibré ne peut pas absorber d’aliments toxiques pour son foie dans le seul intérêt de sa chevelure : pour rester en bonne santé, il ne peut privilégier un organe aux dépens de l’autre… Les décideurs politiques ne peuvent favoriser une partie de la population ou un organe-groupe social ou un organe-Etat plutôt qu’un autre.

…Pourtant, quand les décideurs étasuniens refusent de prendre en compte le changement climatique et d’appliquer des mesures indispensables, juste pour sauvegarder un mode et un niveau de vie, à l’autre bout de la planète le climat fou fait des ravages… Quand les pays du nord subventionnent leurs exportations, les agriculteurs du sud ne peuvent vendre leur production au juste coût…

La santé du corps social dépend de l’harmonie des décisions prises dans l’intérêt équilibré de l’ensemble des nations, de chaque nation et de chaque partie de la population d’une nation.

Le fonctionnement social doit donc s’accomplir sur un mode solidaire, solidarité des cellules entre elles, solidarité entre les organes : nulle Vie, nul développement durable (matériel et immatériel) ne peut prendre place sur Terre si nous ne respectons pas au moins six solidarités qu’il faut organiser, ensemble :

  • solidarité entre générations présentes,
  • solidarité entre territoires,
  • solidarité entre producteurs et consommateurs,
  • solidarité avec les générations futures,
  • solidarité avec les autres espèces vivantes,
  • solidarité envers l’ensemble de la biosphère.

Selon la bioéconomie, seul un fonctionnement social fondé sur la solidarité absolue permet le maintien en vie du corps social.

Le principe général qui sous-tend l’action des gouvernements locaux, les États, est donc un principe de solidarité à tous les niveaux, et dans toutes les directions.

Le système politique
qui s’appuie sur la bioéconomie,
et donc sur la solidarité,
est appelé Solidarisme.

  • Le solidarisme est un système économique et social qui peut être appliqué sur un plan local, national comme international.
  • Ce système favorise naturellement le respect de tous les droits fondamentaux (droits de l’Homme et de la Femme, droit des Enfants, droits des Animaux…), une politique humaniste et une écologie active et prioritaire. Il se fonde sur le respect de tous les êtres vivants pour leur permettre de vivre dans une interdépendance harmonieuse.
  • Il privilégie la prévention des problèmes plutôt que leur solution.
  • Un système monétaire sain est son outil premier.
  • Son but est de permettre le bien vivre et l’épanouissement de chacun, quels que soient son origine, son âge, son sexe, son appartenance culturelle, ethnique ou religieuse.